Baisers



 

Si tu veux que je meure entre tes bras, mamie,

Trousse l'escarlatin de ton beau pellisson

Puis me baise et me presse et nous entrelaçons

comme autour des ormeaux, le lierre se plie.

 

Dégrafe ce collet, m'amour, que je manie

De ton sein blanchissant le petit mont besson

Puis me baisse et me presse, et me tient de façon

Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

 

L'un va cherchant la mort au flanc d'une muraille

En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille

Pour acheter un nom qu'on surnomme l'honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,

C'est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,

Car j'ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

 

Si tu veux que je meure entre tes bras, mamie,

Trousse l'escarlatin de ton beau pellisson

Puis me baise et me presse et nous entrelaçons

comme autour des ormeaux, le lierre se plie.

 

Dégrafe ce collet, m'amour, que je manie

De ton sein blanchissant le petit mont besson

Puis me baisse et me presse, et me tient de façon

Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

 

in Chansons éroticoquines; R. Belleau


 

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